Un très bel article sur notre Daniel Deleuze, paru dans le Républicain d’Uzès.

Seniors oui, mais pas inactifs ! Rencontre avec ces retraités aux profils parfois étonnants, qui agissent souvent auprès des jeunes.

73 ans et toujours en selle

Daniel Deleuze est le doyen d’Uzès Vélo Club. Ce retraité passionné de cyclisme, installé dans le Duché depuis une quinzaine d’années, est même un des piliers de la section route : son expérience est un atout précieux pour l’association sportive.

Avec 10 000 à 12 000 km au compteur chaque année, Daniel Deleuze n’a pas l’air près de descendre de sa bécane. Ce vénérable cycliste, bientôt âgé de 74 ans, est arrivé à Uzès en 2002 et c’est en sympathisant avec Hugues Chauvet, un champion local, qu’il a intégré à l’époque le groupe de copains à l’origine de la section routards d’Uzès Vélo Club. Avec Denis Orivelle, président de l’association, et Romain Brel, le trésorier, il anime les sorties sur route, qu’il s’agisse des excursions régulières ou des stages, lors desquels les licenciés (ils sont 45 routards) parcourent souvent plus de 600 km en une semaine. Daniel Deleuze a d’ailleurs reçu, ces derniers jours, une médaille du mérite décernée par la Fédération française de cyclisme pour les «services rendus» à cette discipline. Ce cycliste, cévenol d’origine, ne craint pas de parcourir seul de longues distances : chaque été, il rend visite à son fils près de Saint-Étienne soit 250 km et 3 000 m de dénivelé. «Je pars vers 6h, et si j’ai la chance d’avoir le vent dans le dos, j’arrive sur place en début de soirée». Son copain Denis Orivelle a beau tenter de le dissuader depuis quelques années, «je ne vais quand même pas me priver d’un tel plaisir !», lui répond Daniel Deleuze. Il concède que «ça tire un peu plus» qu’autrefois quand il participait au Paris-Roubaix en amateur, et qu’il a un peu perdu en explosivité. Mais il parvient à gérer facilement ses excursions sans cardiofréquencemètre, avec seulement quelques courbatures. «Je ne saurais pas dire à quel âge j’ai commencé : j’ai toujours été sur un vélo !», glisse t-il en se rappelant tout de même les sorties à bicyclette de sa jeunesse et notamment les petites courses disputées sur sa monture de 14 kg avec pour enjeu à l’arrivée, jambons et pâtés. Il se souvient aussi d’avoir croisé, pendant son adolescence, le champion Raphaël Géminiani, qui l’a encouragé à courir avec le club de Boulogne-Billancourt.

07_UZES_3570.indd«Malheureusement, j’habitais les Yvelines et il était compliqué d’être présent à l’heure pour les sorties». Également adepte du volley- ball, du rugby, du foot et de la natation, Daniel Deleuze s’installe comme coiffeur en 1970 dans la région parisienne. Ses sorties à vélo en petits groupes sont régulières, si bien qu’il a l’idée de créer un club cycliste affilié à la Fédération française de cyclotourisme. «En quatre ans, nous sommes passés de 3 cyclistes à une centaine d’adhérents», se rappelle- t-il, évoquant la ressemblance de cette structure avec l’actuel Uzès Vélo Club. «Mais nous n’avions pas les moyens d’organiser des compétitions, ni de former des jeunes : c’était un club d’adultes uniquement. Avec quelques pointures parmi nous, comme le champion de France Alain Deslandes», raconte encore Daniel Deleuze. En plus de la présidence de ce club de vélo, le coiffeur francilien s’est engagé à cette époque dans la recherche de financements pour la recherche sur le cancer. «Un scandale de détournement de fonds avait alors décrédibilisé ce type de collectes financières, explique-t-il. J’ai développé un réseau de sportifs qui, chacun dans sa discipline, organisait des événements caritatifs, comme la journée «Vélo pour tous» : les bénéfices étaient reversés à un laboratoire scientifique de Villejuif. Nous avons souvent atteint la somme annuelle de 200 000 francs (environ 30 000 €) !». Une sorte de Téléthon à petite échelle, dont Daniel Deleuze tire une grande fierté. «J’avais encore d’autres responsabilités associatives ! Alors aujourd’hui, je n’ai pas pris de fonction officielle dans le club uzétien». Ce qui ne l’empêche pas de s’y investir largement : c’est bien souvent chez lui que se retrouve la section routards pour préparer ou débriefer les excursions. Quentin Germain