Ah quelle belle balade nous avons faite sur nos flamboyants VTT, destriers des temps modernes !

Pour commencer un tour dans la plaine, histoire de nous dégourdir un peu les guiboles. Il fait un temps magnifique. Le soleil, en ce mois de Juin, réchauffe un peu plus chaque jour l’atmosphère desséchant peu à peu arbres et arbustes dont la montée de sève est au ralenti. L’eau commence à manquer dans le sol, phénomène marquant le début de la sécheresse estivale. Après une première grande boucle sur notre droite, nous commençons à nous élever par un petit chemin rocailleux tout en lacets qui nous mène sur le plateau. Du point le plus haut de l’endroit, nous pouvons observer toute la campagne environnante avec, dans le lointain, les contreforts des Cévennes qui paraissent endormies dans une espèce de léthargie indolente. Nous poursuivons notre chemin en nous dirigeant vers le Nord-Est. La deuxième difficulté du jour nous y attend : une montée raide, abrupte, cassante, mais heureusement pas trop longue. Et c’est à la force des mollets que nous atteignons ce petit sommet visible de toute la plaine de l’uzège. Un petit belvédère en bois permet de mieux observer le paysage qui s’offre à notre vue. Des formes géométriques apparaissent sous forme de carrés et de rectangles de toutes couleurs. Les blés murissants mêlent leur jaune doré au vert tendre des vignes, les oliveraies affichent un vert plus soutenu, les bosquets se détachent d’un vert plus sombre encore. Une rangée d’arbres de type ormeaux, court en zigzag à travers la campagne et longe le ruisseau qui vient donner sa touche finale à ce merveilleux panorama.

Nous longeons ensuite la bordure de la plaine, cherchant à nous mettre à l’ombre sous les grands chênes centenaires. Puis, nous escaladons un sentier rocailleux, en pleine garrigue, en plein soleil. C’est suffocant mais, le plaisir de l’aventure passe avant tout. C’est lui qui nous guide, qui nous élève, qui nous transcende. Les restes d’un vieux moulin à vent dominent ce paysage de désolation perdu au milieu de la roche calcaire. Le chemin qui y mène a été taillé par les anciens de manière à ce que leurs animaux de trait puissent y convoyer leur chargement de blé. Encore un peu de roulage, et nous voici dominant les gorges encaissées au fond desquelles coule la rivière qui a donné son nom à notre département. Des grottes s’ouvrent ça et là dans ces falaises abruptes. Aux temps préhistoriques, elles se trouvaient au niveau de la rivière et étaient habitées par nos lointains parents. Des traces et des vestiges témoignent de leur présence. L’une d’entre elles, la plus connue, renferme quelques peintures rupestres. Une grille métallique en protège l’entrée.

Quittant ce lieu magique, nous nous dirigeons vers un autre lieu au passé tout autant chargé d’histoire. Il fut un lieu de prière, un lieu saint, où religions antiques et contemporaines se sont succédées jusqu’à l’aube de nos temps modernes. Son accès n’est pas facile lorsque l’on cherche à l’atteindre par le haut de la colline qui le surplombe. Un peu de portage est nécessaire mais, le jeu en vaut la chandelle. La beauté du site fait vite oublier les difficultés que l’on a eues pour arriver là.

Nous regagnons ensuite la plaine, traversons quelques champs de vigne sous une chaleur écrasante et tentons de nous mettre à l’ombre en nous dirigeant vers un bosquet planté de chênes verts et de chênes blancs qui procurent aussitôt une légère fraîcheur. Nous passons ce lieu, gravissons une dernière colline en surplomb d’un joli petit village proche d’Uzès au nom évocateur de “montagne de sable“. Encore un peu de plaine et nous atteignons notre point de départ après un périple de 4 heures 30. La fatigue de ce circuit éprouvant commence à se faire sentir mais, la fierté de l’avoir accompli est plus forte. Une bonne bière bien fraîche ramènera nos organismes échauffés à une température plus clémente.

Ce circuit, vous ne le connaissez pas, vous ne le connaitrez jamais bien que certains lieux décrits existent réellement et sont identifiables car je n’ai pas tout inventé. Je me suis amusé à vous raconter une rando sortie de mon imagination, où les lieux que nous visitons tout au long de l’année se trouvent en enfilade les uns derrière les autres et où les distances sont gommées. Essayez de les découvrir tout en sirotant une petite mousse…..

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