Ce samedi 2 mai il est prévu une sortie route ayant le Mont Ventoux comme point culminant. Malgré ma balbutiante pratique de la route, attiré par cette mythique ascension je décide de faire parti de cette « aventure ».

L’approche
Le départ s’effectue depuis Ville/Auzon, bourgade au pied des gorges de la Nesque, route qui nous mènera à Sault puis au Ventoux. Retour par la même trajet. Le route s’élève immédiatement, de façon assez paisible, il y a 20 km d’ascension avant Sault. La beauté de ces gorges est saisissante, nous progressons gentiment en profitant du paysage et surtout sans faire trop d’efforts, il faut garder ses forces pour plus tard… La route s’élève, s’élève de virage en virage, nous passons quelques tunnels bucoliques, le ciel est bleu, la température idéale. Comme disaient les indiens d’Amérique avant le combat « C’est un jour idéal pour mourir »
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Le sommet atteint, nous plongeons sur Sault. Dans la ville, Denis conseille de faire le plein des gourdes, c’est le dernier arrêt avant le chalet Reynard…

L’ascension
Dès le bas de Sault, c’est parti. Un panneau annonce 26 km d’ascension pour une pente moyenne de 4,6 %, c’est raisonnable. Très vite, chacun roule pour soi, à son rythme, pour ma part l’idée est -bien sûr- d’avoir mal aux jambes le plus tard possible… Il fait chaud, la route s’élève, c’est long, long, long, je me fais doubler par un papy en VTC btwin et basket… humilité… Heureusement Stéphanie, JR et Hugo (notre ô combien précieuse voiture suiveuse) sont là pour nous motiver et mettre l’ambiance sur le bord de la route ! vive eux !

Enfin au détour d’un virage, la pente se fait faux-plat je peux remettre un peu de braquet et avancer plus vite, je n’ose pas trop y aller car je ne connais pas la suite du parcours. Mais les chalets précédents l’arrivée au Reynard apparaissent, j’y suis ! déjà ? sans plus de difficultés ? wouaw c’est génial ! Voilà 55 km d’avalés au milieu d’une nuée de cyclistes, il y a des centaines de personnes qui montent au Ventoux !
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La troupe se reforme partiellement. Romain est là depuis un bon moment. « Allez les gars on va aller au sommet une fois » Dit-il en belge. William et Jean-luc ont continué, Denis chaperonne Florence, Daniel reste au Reynard. Charlie, Romain et moi-même attaquons la suite… Certainement trop confiant, je prends la roue de Romain et attaque les 6 derniers km à bon rythme. Malheur, on bout de 2 km je suis dans le rouge, j’ai très chaud, mon cœur bat aux tempes, mon dernier braquet est dur à amener, les crampes apparaissent, j’ai faim de salé et le calvaire commence… Ce putain de sommet et si proche et semble inatteignable, je compte les tours de roues et les mètres qui défilent au compteur… puis le dernier km, un gars fait des photos et te glisse sa carte de visite dans la poche du maillot, pffff… vu la tête que je dois avoir… à l’approche du dernier virage et sa rampe raide de 30 mètres, Hugo et Stéphanie m’encouragent, je me dresse sur les pédales, encore 20 mètres en danseuse, la cata… à 5 mètres du sommet j’ai les deux jambes verrouillées par les crampes, plus moyens d’avancer… misère… Stéphanie fait une photo, je reprends mes esprits, laisse passer 1 minute et remonte sur la selle pour passer le sommet avec Hugo. Voilà c’est fait, je rejoins Jean-Luc et Charlie pour quelques photos.
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Il fait un temps extraordinaire, nous attendons l’arrivée du reste de la troupe, voilà Denis et Florence, bravo à elle ! Prêt pour la photo souvenir !
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Le retour
Soudain la brume monte et envahit le sommet, il est temps de redescendre au chalet Reynard pour y savourer une bonne bière et un repas salvateur.  Tout le monde a l’air content de son sort. Perso je suis un peu déçu de ma montée finale, mal gérée, en galère… Habitué aux braquet VTT j’ai eu du mal à emmener, sur la durée, ceux, plus long, du vélo de route…

Le retour sur Sault se fait à très vive allure, nous sommes en ligne, les virages se passent très vite, il faut être super attentif, pas le droit à l’erreur à + de 50km/h ! A un moment je laisse un petit trou devant moi, le groupe s’échappe ! 10, 15, 20 mètres et c’est fini, ils s’en vont, trop d’effort à faire pour les rattraper, la route est encore longue… Je laisse filer, je les retrouverai à Sault. A la sortie de Sault il y a encore une belle grimpette d’une dizaine de km que nous effectuons à belle allure autour de 20 km/h, je m’accroche, je mouline plus que ne force, reste dans les roues et ça passe ! « Reste plus qu’à se laisser glisser » Dit le capitaine de route.

Se laisser glisser… tu parles ! Les 20 km de descente s’effectuent à fond de braquets, dans les virages il ne faut pas freiner autrement tu pers la roue et hop t’es seul comme un c… c’est épuisant autant physiquement que nerveusement (pour moi le novice). On admire moins le paysage qu’à l’aller, ça sent l’écurie ! Comme précédemment, dans un virage je freine trop, à la relance je perds le contact avec le groupe… je les laisse à nouveau filer, mon compteur vient de dépasser les 110 km, il n’en reste que 2 ou 3…

Enfin le panneau Ville/Auzon et les voitures ! Romain, Daniel et Jean-luc sont là, je les rejoins puis tout le groupe arrive. Quelle journée mémorable.

C’était mon premier Ventoux, le dernier ? Je ne crois pas, je voudrais tellement mieux profiter des derniers km d’ascension. Maintenant j’ai un peu plus d’expérience donc, à la prochaine !
Dominique