Une rando de rêve au pays du soleil:

Gilles et moi, Alain, nous venons de passer deux excellentes journées de VTT dans le massif de l’Estérel, journées que nous ne sommes pas près d’oublier.

Partis Mardi dernier, nous arrivons sur place, à Saint Raphaël, en fin de matinée. Un accueil chaleureux dans un appartement de grand standing nous est réservé par Alain (et oui, un autre) et Joëlle, cousins de Gilles. Installés dans de si bonnes conditions, on a davantage envie de faire du farniente que d’aller se dessécher la peau dans les monts arides du massif.
Après un excellent repas, Gilles veut déjà m’entraîner dans l’aventure. Je renacle. Il est trop tôt. J’ai besoin d’un petit moment de relaxation. Gilles y consent. A 15 heures, branle bas de combat. Plus question de tergiverser, il faut y aller. Alors allons-y. Tout d’abord doucement. Il faut préparer les muscles à l’effort qui les attend. Pour moins me fatiguer et pour être à armes égales avec Gilles, j’ai loué un VTT électrique mais, je ne sais pas trop me servir de ces engins qui deviennent vite capricieux. Prudence donc. Nous commençons par un chemin plutôt large en pente douce, parfois dans le sens de la montée, parfois dans celui de la descente. Le décor est fabuleux, les odeurs mélées des plantes de garrigue emplissent nos narines d’un parfum suave et exquis. Nous nous arrêtons devant un immense panneau. Gilles, en maître des lieux, pose un doigt dessus : « Nous sommes ici », puis il pousse sa main le long d’un serpentin sur la carte et il me dit : « nous allons là ». Là, c’est le pic de l’Ours et il me le montre perdu dans le lointain à travers une petite brume qui le rend plus imposant encore. A cette vue, je me sens déjà fatigué. Sous mon corps tremblotant, mes jambes flageollent, mon cœur s’accélère. Vivement ce soir ! Nous continuons sur le même chemin traversant une forêt de chênes-lièges et arrivons au lac de l’Ecureuil. Un lac, sans eau….. Gilles m’explique qu’il a été vidé par crainte pour les habitations qui sont en dessous. Dans la région, il y a eu des antécédents apocalyptiques alors, pas de risques. Et tant pis pour les poissons ! Nous traversons ce lac à pied car le roulage au fond y est particulièrement cahotique. Arrivés de l’autre côté, nous prenons un sentier qui va constituer la difficulté majeure du jour. Notre ami Dominique s’en souvient encore. Ce chemin est très long, très pentu, très rocailleux. Bref, tout ce qu’il faut pour en décourager plusieurs. J’ai vite fait de butter sauvagement contre une petite barre rocheuse qui va calmer mes ardeurs. Du VTT électrique oui mais, pas du rodéo! Je continue donc avec une assistance motrice plus modeste. Mais, la pente se fait plus rude et le pierrier sur lequel nous évoluons est instable. Ma roue arrière se met à patiner, je fais du sur place et suis contraint de continuer à pied en poussant cette horrible machine. Dans quelle galère me suis-je foutu ? Gilles, plus aguerri que moi, est devant et m’attend de temps à autre. A un moment, il me conseille de peser davantage sur ma roue motrice. Je tente le coup, m’arc-boute vers l’arrière de toutes mes forces et le vélo avance, le pneu retrouvant de l’accroche. C’est bête mais, il suffisait d’y penser. Nous débouchons enfin sur une petite route où nous prenons un instant de repos contemplant à nos pieds la baie de Cannes et le cap d’Antibes perdus dans la brume. Ca valait le coup de souffrir un peu! Puis, par cette route goudronnée, nous poursuivons l’ascension du pic de l’Ours, nous arrêtant par moment pour admirer le paysage fabuleux qui s’offre à notre vue. Le sommet est rapidement atteint, quelques photos souvenirs, quelques inévitables MMS et c’est le retour. Le chemin de descente est lui aussi magique, truffé de pierres qui viennent taper sur le cadre car notre vitesse est au maximum. J’ai l’impression d’être parvenu à dompter mon mustang et je commence à prendre vraiment du plaisir dessus. Finalement, c’est comme pour tout, il faut y avoir gouté pour apprécier.
Cinquante et quelques kilomètres après notre départ, nous entrons dans Saint Raphaël. Je me sens triomphant. De quoi, je n’en sais rien mais, je suis content comme si j’avais vaincu une peur intérieure. Gilles, qui est ici chez lui, me conduit jusqu’à une terrasse de café face à la mer et la bière qui vient chatouiller notre gosier est la plus douce des bières.

Le lendemain Mercredi, voilà qu’il faut remettre ça et comme dit le dicton, toujours plus haut, toujours plus fort. Nous préparons nos sandwiches car nous partons pour la journée. Objectif du jour : le mont Vinaigre et le barrage de Malpasset. Nous retraversons Saint Raphaël, reprenons le même chemin qu’hier avec quelques variantes pour donner le change. Nous arrivons au bas du chemin du Perthuis et nous nous y engageons dessus. Gilles fixe sa caméra sur son casque et me fait passer devant pour me filmer dans la montée. Trop bon élève, je roule à une allure soutenue et c’est maintenant Gilles qui est à la peine. Après une petite halte pour souffler un peu et se rafraîchir le gosier, je ralentis le train. Nous roulons maintenant à une allure paisible qui convient mieux à nos organismes. Bientôt, le chemin qui s’élève montre des signes de dégradations dus aux rigueurs du climat. De violents orages ont emporté une partie du révêtement et c’est à pied qu’il faut franchir les obstacles. Les forestiers auront du travail de rénovation cet été ! La montée est longue mais, en définitive, pas aussi sévère que le petit mono d’hier et nous débouchons sur une petite route, sorte de chemin asphalté. Le mont Vinaigre est tout en haut. Son ascencion est rude mais, l’assistance motorisée fait son effet. Les derniers cents mètres se font à pied, en dehors de la route, sur un sentier impraticable autrement. Mais quelle merveille nous attend ! La brume, plus épaisse qu’hier, trouble un peu le panorama mais tout de même quelle vision ! Fréjus, Saint Raphaël, Cannes, Antibes. Toute la côte d’Azur est à nos pieds. Dans le lointain, nous apercevons le pic de l’Ours perdu dans un fin brouillard.
Nous faisons notre pause déjeuner dans ce lieu mirifique avant de redescendre en direction de Fréjus et de son tristement célèbre barrage. La descente, sur un chemin carrossable, est longue, très longue et très pentue vers la fin. Il faut éviter de chauffer les plaquettes aussi le freinage par à coups s’impose. Arrivés en bas, nous passons sous l’autoroute et nous nous dirigeons dans la vallée. Tout à coup, un énorme bloc de béton attire notre attention. Le lieu de la catastrophe survenue en Décembre 1959 est là tout proche. Un pincement au cœur se fait sentir. Un peu plus loin, d’autres blocs et puis, tout à coup, les restes du barrage accrochés à la colline. C’est très émouvant de découvrir ce spectacle et l’on ne peut s’empêcher de penser aux malheureux qui ont été les victimes tragiques de ce douloureux événement. Je m’en souviens encore. J’avais 9 ans. Nous poursuivons sur un chemin de crête qui fait tout le tour du site et nous revenons vers le barrage par le lit de la rivière. Le barrage est maintenant là, au-dessus de nos têtes, avec son immense trou béant causé par un éboulement qui restera à jamais gravé dans la mémoire collective. Nous repartons en suivant toujours le lit de la rivière, découvrant sur près de 2 kilomètres des blocs de béton de la taille d’une maison qui ont été poussé là commes de simples fêtus de paille. Quelle force gigantesque est passée par là!
Notre retour s’effectue par un chemin forestier qui nous mène sur la nationale 7. Nous la gravissons sur plusieurs kilomètres pour arriver à une maison forestière à partir de laquelle nous pouvons basculer du côté de Saint Raphaël. La descente est ensuite très rapide sur un sentier en bordure d’une pente très abrupte dont il vaut mieux ne pas ne pas trop s’approcher. Mais, notre virtuosité (sic) et notre pilotage impeccable nous évite les désagréments ravageurs d’une chute vertigineuse. C’est le métier ! Nous traversons une belle forêt de chênes-lièges puis, peu à peu la pente s’adoucit. Il faut de temps en temps faire un peu de relance pour conserver notre vitesse. Nous sortons du massif de l’Estérel après 65 kilomètres de pédalage et reprenons la direction de Saint Raph pour, comme hier, aller nous mouiller le gosier de la même boisson pétillante, revivifiante à base de houblon fermenté…..

Ces deux jours ont été pour moi l’occasion de découvrir un lieu magique, surprenant par son caractère pittoresque, sa singularité et sa diversité. Gilles a été un excellent compagnon qui m’a guidé dans cette belle aventure avec un esprit de franche camaraderie.
Je ne pourrai clore ce témoignage sans remercier encore et encore Alain et Joëlle qui se sont mis en quatre pour nous accueillir comme des princes.

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