La ronde cévenole :

cevennes finielCe mercredi 3 Août, à 5h45 du matin, Yann, Gilles, Michel et Alain partent en voiture en direction du mas de la Barque. L’objectif est de rejoindre le sommet du Finiels par les sentiers, GR et autres pistes du lieu. A 8h30, nous lançons nos machines en suivant, par l’Est, le GR 72. 2 ou 3 Km plus loin, nous quittons ce GR pour nous engager sur un petit sentier qui traverse une majestueuse et imposante forêt de fayards. La lumière peine à traverser cette canopée intense, l’obscurité est accentuée par le port de nos lunettes de soleil. C’est une nocturne en plein jour ! Bientôt la forêt s’efface pour laisser place à une végétation moins dense, constituée d’arbustes de type genêt. D’immenses roches granitiques sont empilées ça et là faisant penser à une pluie de météorites. Nous écarquillons la prunelle de nos yeux comme pour mieux les remplir de cette vue à la fois si étonnante et si merveilleuse. Gilles exulte. Il est loin de sa Normandie toute plate. Peu à peu, le minéral prend le pas sur le végétal et nous nous trouvons sur une mer de roches qu’il faut traverser à vélo quand nous le pouvons, à pied quand la difficulté dépasse la mesure de nos possibilités. Notre itinéraire nous conduit, en ré-empruntant une partie du GR 72 jusqu’au pont du Tarn, ancien pont de construction romaine, dans un état de conservation parfaite. Là, un petit casse-croûte s’impose. Nous roulons depuis près de 2 heures mais, avec les arrêts de toute sorte ça fait 3 heures que nous sommes partis et le Finiels est encore loin. Nous repartons en suivant la rivière du Tarn par son aval. Le sentier qui le longe est de toute beauté. Des promeneurs de plus en plus nombreux se pressent sur ses berges. Quelques petits kilomètres plus loin, nous traversons la rivière à gué pour prendre la direction de l’Hôpital, ancien village médiéval qui tire son nom de l’hospitalité de ses habitants, notamment des templiers. Puis, c’est la direction de Salarial, autre petit village, que nous suivons. A sa sortie, nous admirons un ancien moulin à blé mu par la force de l’eau. Après Salarial et un peu de roulage facile, nous prenons sur notre droite, un chemin forestier qui grimpe dans la montagne. Il est long, très long. Heureusement Gilles et Yann entrent en action avec leurs bécanes motorisées et soulagent, en les poussant, les efforts de Michel et d’Alain qui n’ont que leurs guiboles pour les propulser vers l’avant. Ce chemin se termine sur la route, 2 kilomètres et demi avant le col du Finiels et c’est par là que nous l’atteignons. Mais, la montée n’est pas encore terminée car le sommet du mont, pelé comme un chauve, est bien plus haut. Les premiers hectomètres se passent bien mais, la pente se fait plus rude. Elle atteint vers la fin les 9% et la bande de roulage est loin d’être plane. Elle est constituée de creux et de mottes d’herbe contre lesquelles vont butter nos roues, les ralentissant sérieusement. Cette difficile progression est interrompue par des marcheurs qui nous font remarquer des “aigles qui planent au-dessus de nos têtes”, un peu comme s’ils attendaient patiemment leur repas. En réalité, ce sont des gypaètes barbus, sortes de vautours, bien présents dans le milieu caussenard. Ils peuvent toujours tourner, ils n’auront pas nos restes osseux de si tôt. Les vélos à moteur entrent une nouvelle fois en action et nous atteignons le sommet exténués mais, ravis de notre arrivée en ce lieu grandiose. De là, la vue est magnifique, indescriptible. Par tous côtés, on domine tous les autres monts de la chaîne cévenole. Le lointain se perd un peu dans la brume. Il souffle un petit air vivifiant. A ce moment, on ne peut s’empêcher de se demander comment la nature s’y est prise pour créer des choses aussi belles. Des randonneurs à pied arrivent de toute part et s’étonnent, pour certains, que nous ayons fait l’ascension en deux roues. Il est vrai qu’il n’y a que 4 vélos en cet endroit: les nôtres. La faim commence à nous tenailler. Il est 13h30 et il est bien temps de penser à nos estomacs. Nous sortons nos repas froids de nos sacs et croquons nos sandwichs à belles dents. Quel réconfort ! Puis, c’est la descente rapide vers le col par un autre côté que celui de la montée. Alain fait un blocage de la roue avant et va brouter l’herbe du pré à vaches. Heureusement, pas de casse. Le retour se fait jusqu’à l’Hôpital par le même itinéraire qu’à l’aller. De là, nous allons par le GR 7, au pont du Tarn, le traversons et, par le GR 72, nous rejoignons nos véhicules après environ 55 kilomètres de roulage. Contents, fatigués, nous mouillons nos papilles desséchées d’une bonne boisson bien fraîche au café-restaurant du mas de Barque.

Superbe sortie que nous devons à Yann car, avec son GPS, c’est lui qui nous a guidé tout au long de cette journée passionnante. Merci.

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