La rando de l’été :

Une fine mousse blanche posée au-dessus d’un liquide blond-brun tout frais, tout affriolant, mon gosier qui s’humecte délicatement au passage de cette boisson paradisiaque. Quoi de plus vrai, quoi de plus nature? Je suis attablé sur la place aux Herbes devant un verre de 25 cl, pas plus, mais combien réparateur. Ç’est qu’il nous en a fallu du courage pour affronter cette chaleur pas encore estivale mais que l’on peut qualifier de telle en cette journée de la mi-Juin. Face à moi Raoul, Gérard, Nicolas et Gilles qui a préféré les bulles d’un Perrier. Nous savourons l’exquise fraicheur du verre de l’amitié après une séquence de manivelles en rase campagne.

Partis à 14 heures et quelques minutes pour attendre d’éventuels retardataires, nous avons pris la direction du Nord. Ça souffle aujourd’hui et il vaut mieux se faire transporter au retour que galérer contre Eole et ses caprices. Donc, nous voici arrivés à l’orée des bois de Larnac que nous gravissons à l’abri du vent mais pas toujours à l’abri de la fureur du thermomètre, par le mono interminable qui débouche à la cabane des chasseurs. Un brin de roulage sur le plateau nous conduit au surplomb du mas de l’Ancienne Eglise, hameau bien connu de Belvezet. Pour faire plaisir à Gérard et à lui seul, nous entreprenons la descente de ce chemin sur le magnifique revêtement que l’on sait: pierres, racines et ornières à revendre. Tout ce qu’il faut pour un pilotage taillé au rasoir et pour une bonne gamelle aux imprudents. Mais, tout le monde se retrouve en bas sans égratignures. La suite du parcours se fait par la visite obligée des Seynes qui s’enfonce sous terre avant de ressortir au gour de Conques et par le chemin oh! combien harassant qui se dirige vers la combe de Pousselargues. Ce chemin me reste en travers de la gorge chaque fois que je l’emprunte: pas content d’être en pente ascendante, il est tapissé de roches sédimentaires qui mettent les mollets à dure épreuve pour les franchir. Raoul et Nicolas passent bien. Gilles, Gérard et moi sommes plutôt à la « ramasse » comme on dit au pays. La combe de Pousselargues nous permet une descente rapide et reposante sauf pour ma petite personne qui, tenant mal son dextrier, fait une embardée zigzagante et va s’étaler lamentablement dans le pierrier. Je ne compte plus mes hématomes et mon compteur kilométrique a rendu l’âme. Le mono de la Baume et celui de Saint Médiers reçoivent notre visite. Ce dernier a été débarassé, vraissemblablement par des personnes charitables, de toutes ses pierres encombrantes qui en faisaient la difficulté. Du coup, il se passe très bien, aussi bien que passe un verre de rosé dans le larynx. Nous glissons sous la Carcarie, sans l’emprunter, et rentrons directement à Uzès où une terrasse ombragée nous attend sur la place aux Herbes…… Elle est pas belle la vie ?

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