“Poupou” n’est plus.

La nouvelle nous est tombée dessus comme un mini séisme. Certes il a vécu son temps. Bien d’autres n’ont pas eu la même longévité mais, tout de même. Il faisait partie de ces personnes que l’on voudrait éternelles.

Avec sa disparition c’est comme un pan de ma vie qui s’effondre. Le combat Poulidor/Anquetil, je l’ai vécu chaque été dans ma jeunesse. À la télé, quand c’était possible, sinon en découvrant le journal le lendemain de l’étape. Mon père collait son oreille sur le poste TSF pour écouter les commentateurs s’égosiller dans les moments cruciaux. Poulidor, c’était toute une vie, tout un système qui réglait le temps au moment des plus fortes chaleurs de l’été, un feuilleton en quelque sorte. On ne regardait plus le tour de France mais, Poulidor.

Lycéen, j’ai eu à rendre un devoir relatant d’une personnalité, sportive ou autre, ayant trait à un événement de la vie sociale qui nous avait marqué. C’est naturellement lui que j’avais choisi racontant sa rivalité avec Anquetil. Il me semble me souvenir que cela m’avait valu une assez bonne note.

Si j’ai aimé le vélo dans ma vie, je crois que je le lui dois. Lorsque l’on a une idole en tête, on voudrait lui ressembler. J’ai fait du vélo certes mais uniquement pour mon plaisir personnel, ne croyant pas en mes chances de réussite. Et puis, il faut ce que l’on appelle la graine de champion. “Poupou” l’avait.

J’ai eu la chance de l’apercevoir cet été lors de la 17ème étape du tour. C’était au Pont du Gard, dans le village départ pour lequel j’avais reçu une invitation. Paré d’une tunique d’or, il attirait le regard des passionnés qui comme moi l’observaient sans oser l’approcher. On ne dérange pas un Dieu.

Maintenant c’est fini, la page se tourne. “Poupou” s’en est allé discret comme l’a été sa vie malgré son immense “Poupoularité”.

Puissiez vous, Mr Poulidor, grâce à votre notoriété qui, elle, n’est pas près de s’éteindre, servir d’exemple à toute cette jeunesse déboussolée qui ne croit plus en aucun lendemain et qui a besoin de rêves forts pour se sublimer.

Ce serait là une victoire de plus à votre actif et certainement la plus belle !

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